Il était une fois une molécule en devenir, encore incomplète et un peu instable. Chaque atome cherchait sa place, l’oxygène, riche et sûr de lui mais parfois bête, flânait à la périphérie, scrutant les carbones électrophiles, curieux de savoir qui serait digne de ses doublets. Le carbone hésitait, observant les alentours, ouvert aux propositions mais sans savoir encore à qui se lier.
Alors l’oxygène fit son approche, glissa un de ses doublets vers le carbone, et ils s’assemblèrent. Instantanément, une sorte de couple se forma, solide mais fragile à la fois, un lien qui donnait à la molécule un peu plus de cohérence. L’hydrogène, naïf et mal placé, fut entraîné dans le mouvement, l’oxygène le prit avec lui, ajustant la dynamique de la molécule. L’atome voisin, surchargé par ces mouvements inattendus, n’eut d’autre choix que de libérer un groupe partant. Celui-ci quitta la scène dignement, emportant ses électrons avec lui.
La molécule vacilla un instant, mais chaque atome reprit sa place, se réalignant, ajustant ses liaisons. L’oxygène, toujours présent, se redressa, satisfait malgré ses maladresses, et le carbone trouvait enfin une configuration stable et harmonieuse. L’hydrogène avait accepté son rôle, les autres atomes s’étaient adaptés, et le groupe partant était désormais hors de portée.
Monsieur F. esquissa un sourire. Les flèches sur le tableau racontaient toute l’histoire. Il savait lire entre les… mouvements d’électrons et les transferts de protons. Il regarda le tableau et n’eut d’autre choix que d’admettre que, malgré un chemin semé d’erreurs et de réajustements tardifs, la chimie avait trouvé une issue stable, notant que finalement, le chaos apparent n’appelait pas toujours une remarque cinglante.


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